"Murmures de souvenirs vers l’oubli"
Between what is said, what is heard, and what is retained, there is always an alteration, a gap comparable to the “art coefficient” described by Marcel Duchamp, where intention becomes dissociated from the meaning ultimately perceived.
Entre ce qui est dit, ce qui est entendu et ce qui est retenu, il y a toujours une altération, un écart comparable au "coefficient d’art" décrit par Marcel Duchamp, là où l’intention se dissocie du sens finalement perçu.
EV

Whispers of Memories Toward Oblivion
 is an animation born from a simple idea: the voice as a site of transformation. I present a succession of mouths. Each becomes a relay, a filter, a surface where the message is distorted. The soundtrack creates an unsettling closeness: we do not merely listen to speech, we enter its psychological zone. The whispers embody the inner voice, that discreet filter, shaped by our schemas, which reshapes the message before it even becomes memory.
The excerpt presented is a recording taken from an infinite video, generated from the data I transmit to it. We see female mouths that also transform into infinite forms, as if speech were continuously reinventing itself at the very moment it dissolves.
The animation offers a threshold experience: intimate, yet never comfortable. It holds in tension the desire to preserve and the necessity of letting go. By whispering, we try to protect the message, to keep it alive, while exposing it to a slow disappearance. Whispering one’s memories into oblivion thus becomes a loop, an endless gesture in which memory is transmitted precisely as it fades away.
VF

Murmures de souvenirs vers l’oubli
 
est une animation née d’une idée simple : la voix comme lieu de transformation.  J’y présente une succession de bouches. Chacune devient un relais, un filtre, une surface où le message se déforme. La trame sonore installe une proximité troublante : on n’écoute pas seulement une parole, on entre dans sa zone psychologique. Les chuchotements incarnent la voix intérieure, ce filtre discret, façonné par nos schèmes, qui recompose le message avant même qu’il ne devienne souvenir.

L’extrait présenté est un enregistrement issu d’une vidéo infinie, générée à partir des données que je lui transmets. On y voit des bouches féminines qui, elles aussi, se transforment en formes infinies, comme si la parole se réinventait sans cesse au moment même où elle se dissout.

L’animation propose une expérience de seuil: intime, mais jamais confortable. Elle met en tension l’envie de conserver et la nécessité de laisser partir. En murmurant, on tente de protéger le message, de le garder vivant, tout en l’exposant à une disparition lente. Murmurer ses souvenirs jusqu’à l’oubli devient ainsi une boucle, un geste sans fin où la mémoire se transmet précisément au moment où elle s’efface.
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